• UAV

Les projets immobiliers se conjuguent avec la sécurite

Constatant les difficultés opérationnelles pour pénétrer dans certains ensembles immobiliers ce qui favorisait évidemment la délinquance et les violences urbaines, policiers et gendarmes ont demandé aux autorités de tutelle de légiférer.

Partant du double principe que pour des raisons d’efficience , cette problématique doit être prise le plus en amont possible et que la sécurité n’est pas l’apanage des forces de sécurité intérieure , les législateurs ont voté la loi du 5 mars 2007, modifiant l’article L 111-3-1 du code de l’urbanisme.

Le cadre juridique ainsi défini préconise une « enquête sureté et de sécurité publiques » pour anticiper les risques y compris les nuisances, prévenir les actes de malveillance, les troubles de voisinage, repérer les vulnérabilités des sites. Son champ d’application initial était assez réduit car ne concernait que les agglomérations de plus de 100 000 habitants et la création de plus de 100 000m² de surface hors d’œuvre et néanmoins , les architectes , les porteurs de projet et maitres d’ouvrage y ont vu une atteinte à leur liberté.

Aussi, par le décret du 24 mars 2011, l’Etat a élargi le champ législatif d’application des « enquêtes de sureté et de sécurité publiques » en les étendant à la création d'une gare ferroviaire, routière ou maritime de première ou deuxième catégorie ainsi que les travaux soumis à permis de construire exécutés sur une gare existante de même catégorie et ayant pour effet soit d'augmenter de plus de 10 % l'emprise au sol, soit de modifier les accès sur la voie publique. »

Le projet ICF de la gare correspond à cette situation juridique dans la mesure où sur une emprise ferroviaire, le bailleur de la SNCF envisage de construire 6 bâtiments sur pilotis soit 70 logements sociaux, en R+3 soit 12 mètres de haut (sauf sans doute aux 2 extrémités R+2) et 173 emplacements de parkings, pour l’essentiel sous les immeubles. Les responsables du projet ICF, connaissant ces dispositions légales nous ont fait savoir lors de notre entretien du 28 octobre dernier ,qu’ils feront étudier nos questions par leur bureau sureté.

Ce projet tel qu’il nous est présenté présente en effet, des risques évidents de sécurité, d’autant que les gares sont les zones urbaines les plus criminogènes, à savoir :

- la largeur actuelle de l’unique voie d’accès rendra très difficile les interventions des voitures de secours de la police et des pompiers voire impossibles pour les camions d’intervention des soldats du feu surtout si des véhicules sont mal garés,

- les constructions sur pilotis recèlent de nombreuses zones d’ombres propices au développement de nombreux trafics illicites, les voitures y sont dégradées, leur contenu et les accessoires volés .Il, est à souligner que l’éclairage nocturne est fréquemment neutralisé par les délinquants pour des raisons évidentes. A notre connaissance, ce type d’architecture est aujourd’hui abandonné et ce n’est pas un hasard ,

- le cul de sac de ce parking ne permettra pas aux forces de l’ordre de monter des opérations dites en tenailles pour interpeller les délinquants,

- 27 incendies volontaires ont officiellement été déclarés sur Vaucresson en 2018 mais le chiffre réel est sans doute plus élevé ; que se passera-t-il le jour où des individus incendieront des voitures sous les immeubles d’autant que la proximité des stationnements et les courants d’air sous les bâtiments faciliteront la propagation du feu à d’autres véhicules voire aux appartements situés au –dessus des parkings ?

Toutes ces raisons militent pour que cette enquête de sureté et de sécurité publiques soit menée sous l’autorité du préfet des Hauts de Seine, de ses directions, avec les services de police et la brigade des sapeurs pompiers de Paris mais également l’architecte, les constructeurs, les aménageurs, notre Maire , les associations locales, les usagers de la gare, les employeurs , les commerçants….

Cette enquête permettra donc de poser un diagnostic précisant le contexte social et urbain avec l’environnement immédiat du projet, d’en analyser tous les risques au regard des enjeux de sécurité et de proposer des mesures afin de faciliter les interventions des services de police et de secours.

Ces travaux seront transmis à la sous-commission départementale de sécurité publique qui fera part de ses observations et recommandations.

Pour sa part , l’ UAV est hostile à une construction sur pilotis , préconise des constructions à 10 m, des précisions sur le coefficient de biotope et demande que l’offre de parkings soit revue à la hausse selon une architecture différente restant à définir ensemble.

Pour conclure , nous rejoignons les analyses des professionnels de la sécurité « les architectures ne sont pas criminogènes mais leurs agencements créent les conditions favorisant le passage à l’acte des délinquants », d’où l’impérieuse nécessité d’intégrer cette préoccupation le plus en amont possible dans les projets immobiliers .


Denis Tromeur, vice-président de l'UAV - Décembre 2019



RECEVEZ NOS POSTS ET INFORMATIONS SUR VOTRE MESSAGERIE

  • aiga-mail

© 2017 UAV créé avec Wix.com

L’Union des Amis de Vaucresson est une association loi 1901, à but non lucratif qui défend depuis sa création les intérêts des Vaucressonnais.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now